« UN-Day » Panel 4: L`implication de l`intégration d`un Etat aux Nations Unies
La neutralité de la Suisse, comme nous savons tous, est une valeur profondément ancrée dans l`histoire nationale. Toutefois elle est devenue membre des Nations Unies en 2002 pour s`engager plus dans la communauté internationale. Cette réalité, ne va-t-elle pas au sens opposé de l`esprit « neutre » des suisses ? Quels enjeux se présentent pour la Suisse ?
Ces questions ont été discutées le vendredi, 21.10.2011, lors de la conférence intitulée « UN-Day » organisée par GIMUN en collaboration avec les Nations Unies pour célébrer le 66ème anniversaire de l`entrée en vigueur de la Charte des Nations Unies. Dans le cadre de cette conférence, les étudiants ont eu l`opportunité de participer à quatre différents panels menés par des spécialistes invités et d`exprimer leurs points de vue par rapport à l`ONU.
Le 4ème panel, nommé « l`implication de l`intégration d`un Etat aux Nations Unies », a été modéré par M. Adrien Evéquoz, conseiller à la mission permanente de la Suisse à l`ONU. Au cours de cette discussion, différents points de vue ont été présentés, en rapport aux questions principales suivantes : Quels sont les avantages et les inconvénients pour un Etat de devenir membre de l`ONU ? Quelles conditions doivent être remplies pour devenir un Etat membre ?
Pour aborder ces questions, on a pris principalement le cas de la Suisse devenu membre de l`ONU en 2002.
S`agissant de la Suisse, M. Evéquoz a mentionné 4 notions importantes qui sont apparues lors de l`adhésion à l`ONU :
Premièrement, la question de la responsabilité suisse à savoir l`augmentation des prises de décision dans le travail quotidien liée au besoin plus grand de coopération. La Suisse a élargi sa participation auprès de l`ONU, par exemple en se prononçant sur la réforme du Conseil de Sécurité et lors de la formation du Conseil des droits de l`homme. En outre, la nomination de Joseph Deiss au poste du président de l`Assemblée générale de 2010-2011 fut très important pour l`engagement suisse à l`ONU.
Deuxièmement, il y a la question de l`organisation à savoir la soi-disant « institution building » destinée à rendre plus efficace les institutions déjà existantes- et ceci a permis de créer des capacités pour la collaboration avec l`ONU.
La troisième notion importante concerne la question des moyens - comme Etat-membre, il faut aussi payer des contributions qui créent plus de responsabilités.
La quatrième question évoque une plus grande participation au droit international. Ainsi, la Suisse peut prendre part à plus grande échelle au niveau de la solidarité internationale et établir un ordre de priorité.
Après ces remarques, nous nous sommes lancés dans la discussion. Une des premières questions posées par l’un des étudiants participant au panel était sur la conflictualité éventuelle avec la neutralité, considérée comme une maxime de la politique extérieure suisse, combinée avec son engagement à l`ONU. Selon M. Evéquoz, la neutralité de la Suisse n`est pas vraiment un handicap. Le fait que la Suisse ait maintenu sa neutralité ne veut pas dire qu`elle ne puisse pas s`engager solidairement- cela ressort très clairement du discours de Kaspar Villiger, ancien président de la Confédération, devant l`Assemblée Générale de l`ONU en 2002: « Elle ne nous ferme pas les yeux face à l’injustice et à la misère, pas plus qu’elle ne nous interdit de faire entendre notre voix pour dénoncer l’iniquité. Elle va de pair avec la solidarité, qui est elle aussi profondément ancrée dans l’esprit des Suisses. La Suisse ne participera pas à des opérations d’imposition de la paix, mais elle sera toujours là dès qu’il s’agira d’opérations de maintien de la paix ou d’engagements humanitaires 1. »
Cependant, cela n`était pas le plus grand défi de la Suisse avant l`adhésion à l`ONU. Il s`agissait plutôt, d’après l`avis de M. Evéquoz, de faire un grand effort de communication, c`est à dire de développer des méthodes de politiques de communication pour rendre l`adhésion plus efficace.
A part des modalités pour l`adhésion dans le cas de la Suisse, un autre point important dans le débat consistait à la question du poids politique comme Etat membre de l`ONU. Le débat était très dynamique autour de ce sujet, car il y avait différentes opinions. Quelques étudiants ont défendu la position qu`une acceptation comme Etat membre de l`ONU pourrait aider à un Etat comme la Palestine de s`établir mieux dans la communauté internationale et même l`aider à être reconnu comme un Etat. D`autres ont argumenté avec la réalité du droit international qui révèle qu`une acceptation d`un Etat comme Etat-membre de l`ONU n`équivaut pas la reconnaissance de ceux-ci. Il s`agit seulement d`une qualification dans ce cas.
Donc en concluant, le panel a vraiment offert aux participants la possibilité de s`exprimer librement. Un grand merci à M. Evéquoz qui a répondu à toutes les questions avec beaucoup de patience et de manière experte !
Jacqueline Douniama
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1 http://www.efd.admin.ch/dokumentation/reden/archiv/02538/index.html?lang=fr

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test
modéré?